Les Amérindiens de Guyane

Leurs terres envahies par les orpailleurs clandestins

Les Wayana, les Apalaï et les Teko habitent sur le Haut Maroni, fleuve frontalier entre le Surinam et la Guyane française qui prend ses sources près de la frontière avec le Brésil. Depuis de nombreuses années, ils sont menacés par l’orpaillage illégal. La présence des chercheurs d’or crée également une atmosphère d’insécurité. L’association Tekuramai, les Wayana et Survival appellent au retrait immédiat de tous les orpailleurs.

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Les Wayana, les Apalaï et les Teko habitent sur le Haut Maroni, fleuve frontalier entre le Surinam et la Guyane française qui prend ses sources près de la frontière avec le Brésil. Les deux premiers groupes appartiennent à la famille caribe et le troisième à la famille tupi-guarani. Ils vivent dans des villages construits le long des cours d’eau au cœur de zones naturelles dominées par la forêt primaire équatoriale sur les rives françaises et surinamiennes du fleuve. Depuis de nombreuses années, ils sont menacés par l’orpaillage illégal, mais depuis juin 2008, ils doivent faire face à l’invasion de leurs terres, au plus près de leurs villages, par des orpailleurs clandestins. Cette activité illégale pollue l’environnement par ses rejets de mercure et d’eau boueuse, de plus les orpailleurs qui chassent et pêchent dans les zones d’usage réservées aux Indiens privent ceux-ci de leurs moyens de subsistance. Leur présence crée également une atmosphère d’insécurité avec des vols et des agressions.

Bien que certaines actions aient été menées par les autorités françaises, le problème de l’orpaillage reste entier, et le restera tant qu’un accord ne sera pas signé entre les autorités françaises, brésiliennes et surinamiennes pour lutter contre ce fléau, qui par ailleurs touche l’ensemble du territoire de la Guyane française et d’autres populations comme les Wayãpi. Il est donc urgent d’agir afin de faire pression sur les différents gouvernements pour qu’une coopération active soit enfin mise en place. Amaipotï, gran man wayana, a lancé un appel en mai 2009 pour que cesse cet orpaillage et que son peuple retrouve la paix.

Je vous parle d’ici, à Kulimuli. L’eau y est sale, la terre va mal par ici, et il est maintenant impossible de se baigner dans les criques de l’intérieur de la forêt.Amaipotï, gran man wayana

« Je vous parle d’ici, à Kulimuli. L’eau y est sale, la terre va mal par ici, et il est maintenant impossible de se baigner dans les criques de l’intérieur de la forêt. Tout est contaminé, quand on boit cette eau on attrape la diarrhée. On boit de l’eau sale, alors qu’avant elle était si propre. Du vivant de mon père l’eau était bonne. Je voudrais du soutien. Je ne veux plus de conflits avec les orpailleurs, je veux en finir avec cette eau sale.
Ce sont nos héros créateurs Kujuli [pour les Wayana] et Mopo [pour les Apalaï], qui nous ont donné l’eau des rivières pour que nous puissions tranquillement vivre ici. Mais aujourd’hui les jeunes n’écoutent plus ce qu’on leur raconte.
Je n’ai pas envie d’abandonner cette terre, ces rivières, je voudrais vaincre ce problème, trouver du soutien pour préserver le territoire qui nous a été donné par Mopo et Kuyuli.
Je ne désire que cela : conserver ce que nous ont laissé nos ancêtres, ce que m’a transmis mon père. « Ne bouge pas d’ici ! Reste sur cette terre ! » disaient mes ancêtres. Mon père aussi me disait de ne pas aller sur une autre rivière. C’est bien pour cela que je reste ici et j’y resterai toujours. Et c’est pour cela que je vous demande de l’aide, car nous en avons tous besoin, il n’y a pas que chez nous que l’eau est mauvaise mais dans tous les villages alentour. C’est tout ce que j’ai à dire. »

Agissez maintenant pour aider les Amérindiens de Guyane

• Ecrivez au président de la République française Nicolas Sarkozy (Palais de l’Elysée, 55 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris) et au président du Surinam Desiré Delano Bouterse (Place de l’Indépendance, Paramaribo, Surinam) en leur faisant part des revendications des Amérindiens de Guyane française.
• Signez notre pétition en ligne pour la ratification par la France de la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail, le seul instrument international contraignant de protection des droits des peuples indigènes.

Actualités Amérindiens de Guyane

  1. Suicide de deux Amérindiens en Guyane
    19 Janvier 2011