Les braconniers menacent la survie des Jarawa

‘Les gens du dehors sont mauvais… Ils abusent de nous… La jungle est bien meilleure. Même si je dois rester quelques jours loin de chez moi, dès que je le pourrai, je rejoindrai ma famille dans la jungle .’
Enmei, un Jarawa, îles Andaman.

OU VIVENT-ILS?
On estime que les Jarawa vivent dans la forêt tropicale des îles Andaman depuis environ 60 000 ans. L'archipel, situé dans le golfe du Bengale, a été colonisé par les Britanniques au XIXe siècle et fait désormais partie de l'Inde.

QUI SONT-ILS?
Les Jarawa, au nombre de 300, étaient, avec les autres tribus des îles Andaman, Sentinele, Onge et Grands Andamanais, les seuls habitants de l'archipel avant l'arrivée des Britanniques puis des Indiens. Leurs ancêtres ont vraisemblablement fait partie de la première vague de migration venue d'Afrique.
Les Jarawa se déplacent en groupes de 40 à 50 personnes dans la forêt. Toujours en mouvement, ils construisent de petites huttes temporaires mais également des habitations plus vastes où peuvent vivre plusieurs familles de manière permanente. Ils récoltent du miel, des racines et des baies, chassent le cochon sauvage et les lézards et pêchent au moyen de lances.

QUEL EST LEUR PROBLÈME?
Jusqu'en 1998, les Jarawa ont résisté au contact avec les colons indiens de plus en plus nombreux dans l'archipel. Ils sont aujourd'hui très menacés. Des braconniers s'installent dans leur forêt, chassent le gibier dont ils dépendent, leur transmettent des maladies, les exploitent et recourent à la violence.
Bien qu'il soit interdit aux étrangers de pénétrer dans la réserve, les fonctionnaires locaux se rendent souvent complices des abus commis à leur encontre et le braconnage continue.
Le principal axe routier de l'île traverse la forêt des Jarawa, facilite la pénétration des braconniers, des colons et des touristes au cœur du territoire jarawa. En 2002, la Cour suprême indienne a ordonné la fermeture de la route mais les autorités locales ont refusé de s'y conformer.
En 1999 puis en 2006, les Jarawa ont été touchés par des épidémies de rougeole, une maladie qui a anéanti de nombreux peuples indigènes du monde entier à la suite de leur contact avec le monde extérieur.

COMMENT LES AIDER ?
Écrivez au gouvernement indien en recopiant ce texte ou écrivez librement : ‘Je suis très préoccupé(e) par la situation des Jarawa des îles Andaman. Des colons s'introduisent dans leur réserve, chassent le gibier dont ils dépendent, introduisent des maladies, les exploitent et usent de violence à leur égard. Si cette situation continue, les Jarawa perdront leur indépendance et disparaîtront complètement. Je vous prie instamment de tenir les étrangers à l'écart de leur territoire, de fermer la route en vertu de la décision de la Cour suprême et de laisser les Jarawa décider eux-mêmes de leur avenir’.

Envoyez vos lettres à :
Dr Manmohan Singh
Prime Minister of India
Prime Minister’s Office
South Block, Raisina Hill
New Delhi 110 001
Inde
Fax: +91 11 2301 9545

Mrs Sonia Gandhi
Chairperson
National Advisory Council
10, Janpath
New Delhi 110 011
Inde

POURQUOI AGIR?
La campagne internationale en faveur des Jarawa a déjà porté ses fruits. Les autorités qui avaient prévu de sédentariser les Jarawa reconnaissent aujourd’hui leur droit de vivre sur leur terre, selon leur propre mode de vie. Votre soutien est nécessaire pour garantir leur avenir et la protection de leur territoire.

CHRONOLOGIE

il y a 60 000 ans
Les ancêtres des Jarawa débarquent sur les îles Andaman.

1857
Les Britanniques colonisent l'archipel. La décimation des 5 000 Grands Andamanais commence, il ne reste en 2006 que 53 survivants

années 1970
Le gouvernement indien organise des missions mensuelles de contact avec les Jarawa. Construction de la route.

1998
Les Jarawa cessent d'attaquer les colons ; une période de contacts pacifiques commence, immédiatement suivie par des épidémies.

2002
Malgré l'ordre de la Cour suprême de fermer la route, l'administration locale la maintient ouverte.

Leur destin est entre vos mains
Vous pouvez télécharger ce bulletin d'action urgente en pdf en cliquant sur le document ci-dessous :